La colère d’un homme patient

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Quand :
19 mai 2017 @ 20 h 15 min
2017-05-19T20:15:00+02:00
2017-05-19T20:30:00+02:00

De Raúl Arévalo
Avec Antonio de la Torre, Luis Callejo, Ruth Diaz
Genres Thriller, Drame
Nationalité espagnol
Date de sortie 26 avril 2017 (1h 32min)

Film en VOST
En savoir plus : allociné

Synopsis et critique :
En tant qu’acteur, Raúl Arévalo est depuis le début des années 2000 dans quelques bons coups du cinéma espagnol. On l’a vu par exemple dans Même la pluie et plus récemment dans l’excellent La Isla Minima (il était le jeune flic associé à l’inquiétant Javier Gutierrez). En 2007, Arévalo rencontre David Pulido, un psychologue avec qui il commence à discuter d’une idée de long métrage abordant le thème de la vengeance. Près de dix ans et une dizaine de versions du scénario plus tard, les deux hommes signent La Colère d’un homme patient, un thriller de haut vol dans la plus pure tradition d’un cinéma énervé des années 70. Un récit assez simple qui ne s’embarrasse pas de détails superflus, conserve un léger effet de surprise dans le dernier acte pour redynamiser la narration et va finalement droit au but. Sa grande force, outre une mise en scène plutôt inspirée, réside dans l’écriture de son personnage principal et son rapport au deuil dont il ne peut sortir qu’une fois sa mission vengeresse accomplie.

Au début du film, on s’attache d’abord à Curro, qui sort de prison au bout de huit ans de détention : il est le seul à avoir été coincé lors du braquage d’une bijouterie à Madrid, et n’a pas dénoncé ses complices. A sa sortie, il n’a qu’une idée : retrouver sa femme, son enfant, son quartier, ses potes, sa vie. Mais très vite, il est approché par le mystérieux José, un solitaire qui rôde dans le quartier depuis un bout de temps, sans qu’on sache trop ce qu’il cherche réellement. Et c’est bien cet homme taciturne et secret qui va de- venir le centre du récit et de notre attention…

Interprété par le formidable Antonio de la Torre, José est fascinant dans la mesure où il apparait d’abord comme un personnage assez flou. En aucun cas il n’est possible d’anticiper son comportement. L’étude psychologique et comportementale est brillante, le plan de la vengeance est d’une efficacité et d’une cruauté qui font froid dans le dos. Il y a quelque chose de très impressionnant dans le rapport que tisse Raúl Arevalo entre le personnage de José et le spectateur. Une relation d’amour-haine très déstabilisante. Il est d’abord inquiétant, rôdeur/voyeur/fouineur pas aimable, puis attachant en amoureux transi, pour ensuite faire de la peine quand il se fait gentiment démolir… avant de devenir effrayant par la froideur lucide et implacable de ses actes. Un personnage complexe donc, qui évolue considérablement à l’image tout en restant intimement fidèle à ses convictions et qui ne dévie jamais de la trajectoire imposée par son froid dessein.

Passée une introduction physiquement éprouvante – le braquage meurtrier qui a conduit Curro, le chauffeur de la bande, en prison –, l’action sera réduite au strict minimum, Arevalo préférant aménager d’imposantes séquences de tension par sa mise en scène et son découpage plus que par le récit lui-même. Mais surtout, il analyse brillamment la démarche totalement irrationnelle et pourtant si logique d’un homme brisé, psychologiquement physiquement, qui n’a plus que sa vengeance pour le garder en vie.
(filmosphere.com)

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2017-04-27T17:20:36+00:00 0 commentaire

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