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[Cinéma] VF – Tout public – Film de Lucas Bernard

Avec Charles Berling, Swann Arlaud, Jennifer Decker
Genres Comédie, Policier
Nationalité français
Date de sortie 2 janvier 2019 (1h 44min)

Synopsis et critique :
« C’est le plus grand des voleurs, oui mais c’est un gentleman », susurrait Dutronc… Ici, notre monte-en-l’air, qui s’introduit nuitamment dans les appartements en passant par les toits, est un esthète, un malin, qui se faufile comme un chat, glisse dans l’ombre pour accomplir ses larcins avec un talent virtuose… Ni vu, ni connu, il ne laisse jamais ni traces ni empreintes, juste un petit parfum de mystère.

Dans la vie, on ne se méfie pas de lui, il a une allure fine et souple, un visage qu’on ne remarque pas, enfin, pas tout de suite… Et bien malin qui soupçonnerait ce garçon dont on ne parvient jamais à deviner ce qu’il pense, ni qui il est vraiment. Il change de nom, s’invite dans la vie des gens, jusque dans leur lit où il invite ses copines. À l’aise partout, il sait séduire sans effets, échappant aux questions par une pirouette, un demi-mensonge, ne se laissant jamais déstabiliser, esquivant tous les pièges… étonnant personnage.
Le commissaire Beffrois, lui, végète dans son commissariat en attendant une proche retraite (Charles Berling… je suis d’accord avec vous : il ne fait pas son âge) qu’il s’apprête à affronter seul (peut-être mais peinard ?), ses fils embarquant leurs dernières affaires de l’appartement où trône un tableau que sa femme (disparue) aimait. L’art moderne, ça n’a jamais été son truc à lui, mais parce qu’il l’aimait, elle, il la suivait dans les expositions, intrigué par son goût pour la peinture abstraite. La vie lui a donné, lui a repris, il n’en tire ni amertume ni orgueil. Il n’a plus rien à prouver et rien ne l’entrave : libre comme l’air. Sans obligations, il regarde le monde et la vie avec une sorte de distance curieuse. Cette affaire là, il devrait s’en fiche, mais ce vol de tableau attire son attention, intrigué qu’il est par la ressemblance du tableau dérobé avec celui que sa femme avait acheté. L’élégance du procédé, le choix de l’œuvre volée vont le conduire très vite à faire le lien avec d’autres histoires : ce voleur-là ne fauche pas du lourd, des trucs impossibles à fourguer… pas de Van Gogh ou de Canaletto. Non, des demi-pointures, des talents pas encore reconnus, mais que le voleur a donc su apprécier. Un voleur qui en outre semble échapper aux lois de la pesanteur, insaisissable et habile…
Beffrois flaire le cambrioleur atypique. Plus par curiosité sans doute que pour faire son boulot de flic, il s’accroche à la maigre piste, remonte le fil des œuvres d’art, traine dans les ateliers de peintre, croise plusieurs fois le voleur sans le savoir, et finit par tomber sur une jolie fille qui retape des tableaux, une passionnée à la présence intense, au regard fascinant et qui, bien malgré elle, va l’amener vers ce beau voyou aimable et solitaire qui, au fond, lui ressemble, libre comme le vent, accroché à rien, mais artisan méticuleux de son art si particulier.

C’est à Paris que cette histoire rocambolesque et romanesque se passe, un Paris vu depuis ses ruelles sombres, ses toits en zinc gris qui brillent sous la lune, ses chiens assis, ses façades superbes où se balance nuitamment notre monte-en-l’air encordé, grimpant de tabatière en fenêtre… Superbe course-poursuite où Charles Berling se révèle tout à fait à la hauteur de ce félin insaisissable qui ne cesse de lui échapper…
En filigrane de ce polar atypique où l’amour permet à peine d’écorner le mystère, affleure, discrète et essentielle, une réflexion sur l’art, la peinture… L’art est-il une affaire d’initiés, de classe, de milieu culturel ? Qu’est ce que le goût, le « bon goût », qui est « légitime » pour décider ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas ?… Les tableaux que l’on voit dans le film sont de Philippe Derôme…

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