Neneh Superstar

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[Cinéma] – A partir de 10 ans – De Ramzi Ben Sliman

Avec Oumy Bruni Garrel, Maïwenn, Aïssa Maïga
1h 35min / Comédie dramatique, Drame, Comédie

Synopsis et critique : Utopia

Il est des idées reçues qui ont la vie coriace, et bien du monde pour les faire perdurer malgré les vents nouveaux. Si la marche du monde a mis à mal nombre de préjugés et fait exploser quelques plafonds de verre, certains domaines demeurent indécrottablement peu propices aux changements. « L’Opéra National de Paris n’est pas un lieu de diversité. Disons-le franchement : dans l’ensemble, c’est un monde blanc fort éloigné de ce à quoi ressemble la société française contemporaine ». Ce n’est pas moi qui le dit mais le « Rapport sur la diversité à l’Opéra de Paris » remis par Pap Ndiaye et Constance Rivière en février 2022… Même sans avoir lu le susdit rapport, la jeune Neneh doit bien se rendre à l’évidence : au concours d’entrée de l’école de danse de l’Opéra de Paris qu’elle présente ce matin-là, il n’y a pas beaucoup de gamins « issus de la diversité » comme on dit, elle est même la seule qui n’est pas blanche comme neige.

Mais Neneh, elle s’en fout : sa couleur de peau ne lui a jamais posé de problème et avec sa tchatche à toute épreuve et sa soif insatiable de danse, elle ne risque pas de s’arrêter à ce petit détail. Son talent est là et il saute aux yeux : elle a la passion, la fougue, l’énergie et une volonté de fer, celle qui plait bien aux enseignants qui doivent former le futur corps de ballet et éventuellement porter au rang d’étoiles ces petits rats dociles tout dévoués à leur art. Certes, certes, la technique n’est pas tout à fait au rendez-vous et la gamine a tendance à trop la ramener, mais n’en déplaise à Marianne Belage (Maïwenn), la très stricte directrice de l’école de danse qui n’est pas franchement conquise (litote) par cette nouvelle recrue, le directeur de l’Opéra National (Cedric Kahn) l’a décidé : Neneh va entrer dans le sérail.
Mais pénétrer dans ce lieu emblématique (voulu par Louis XIV) n’est pas aussi fastoche que de reproduire avec enthousiasme les chorés des grandes étoiles chopées sur youtube et l’adolescente va vite être confrontée à la douloureuse réalité du parquet : moqueries, petites mesquineries qui virent parfois au harcèlement, certaines petites danseuses (heureusement pas toutes) sont de véritables pestes qui ne renoncent devant aucune vacherie pour saper le moral de Neneh. Comme dans toutes les grandes écoles prestigieuse, la compétition est sévère et la gamine doit de surcroît faire face à la fermeture d’esprit (pour ne pas dire le sadisme) de certains de ses enseignants.
Alors que le manque d’empathie et le mépris dont fait preuve Marianne Belage, auprès de qui Neneh cherche l’approbation, cachent sûrement quelque chose (attention, indice !) la psychorigidité d’un des professeurs ne masque pas du tout son racisme ordinaire (excellent Alexandre Steiger, grand comédien de théâtre vu chez les Chiens de Navarre de Jean-Christophe Meurisse).

Bref, Neneh va devoir s’accrocher comme une liane à son rêve pour poursuivre la formation. Heureusement, comme la liane elle est souple, solide et coriace. L’abnégation et l’amour inconditionnel de son paternel (magnifique et craquant portrait de papa poule incarné par le formidable Steve Tientcheu), prêt à traverser tout Paris pour accompagner sa gamine, vont l’aider à traverser ce petit monde magnifique, mais étriqué. Feel-good movie à voir en famille (mais pas que), voilà un film à l’image de sa jeune et talentueuse comédienne : elle et il dépotent !

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