A propos de Joan

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[Cinéma] – De Laurent Larivière

Avec Isabelle Huppert, Lars Eidinger, Freya Mavor
1h 41min / Drame, Romance

+ Les antilopes – 2020/FR/8mn (court métrage précédant le film)

Synopsis et critique : Cineuropa

C’est la nuit, la route, une automobile roule sous la pluie, et au volant, Joan Verra (Isabelle Huppert) se souvient, se raconte, face caméra. Un coup de foudre dans sa jeunesse (l’héroïne est alors incarnée par Freya Mavor) pour le pickpocket irlandais Doug (Éanna Hardwicke), une idylle romantique se terminant entre les murs d’une prison avant un retour en France, enceinte, et une vie de fille-mère célibataire. Quelques années plus tard, ce sera sa propre génitrice (Florence Loiret Caille dans un petit rôle japonisant) qui abandonnera sa famille. Devenue éditrice, Joan se prendra ensuite d’affection pour le très anticonformiste romancier allemand Tim (Lars Eidinger).
Et pendant tout ce temps grandit Nathan, son fils unique et chéri (interprété successivement par Louis Broust, Dimitri Doré et Swann Arlaud). Sans oublier une rencontre surprise avec un Doug désormais vieux. Car les sentiments n’ont pas d’âge dans les souvenirs qui resurgissent et qui en cachent d’autres… Mais sont-ils pour autant tous fidèles à la réalité ?
Jouant avec les strates temporelles, À propos de Joan est une œuvre beaucoup plus curieuse que ne le laisse présager son apparence initiale, assez « classique ». S’autorisant même quelques très audacieuses incursions oniriques, le film, qui voyage de la côte irlandaise à la campagne française, en passant par Paris et Cologne, se révèle un bizarre et intéressant cocktail de genres et de tonalités.

C’est Isabelle Huppert qui est le centre et le moteur de ce récit à tiroirs, de ces souvenirs qui se dévident et parfois se chevauchent. La comédienne assume ce rôle pivot avec son charisme habituel et sa faculté quasi-surnaturelle à défier le temps : si elle ne personnifie pas le personnage dans sa vingtaine (à l’impossible nul n’est tenu), elle le prend en charge comme qui rigole dans sa petite quarantaine, perruque blond platine, lèvres rouges, perfecto noir, pétulante, espiègle, et l’amène jusqu’à l’âge qui est actuellement le sien et qu’on a bien du mal à définir. Dans ce film qui se nourrit des histoires qu’on raconte – qu’on se raconte –, Huppert transporte avec elle toutes les vies qu’elle a incarnées au fil de ses innombrables rôles, si bien que cette fiction vagabonde aurait pu tout aussi bien s’appeler « À propos d’Isabelle » qu’À propos de Joan…

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